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Le Design engagé à travers le monde

Le design engagé à travers le monde (podcast) - Design et Collectivité

Un échange passionnant avec Thaïs Dol, fondatrice de l’association Design Makes Sense qui valorise le design engagé à travers le monde. Elle nous raconte comment ce projet est né et ses voyages à la rencontre de designers, d’artistes et de créateurs inspirants partout à l’international.


Plan de l’article (extraits du podcast)

Thaïs Dol, son parcours et la génèse du projet [00:01]

Le design académique et le design engagé [02:22]

Design Makes Sense, la vision du projet [07:58]

Design et voyage inspirant à travers le monde [13:00]

Conclusion

« Le design est une discipline du projet philosophiquement engagée dans un idéal d’avenir meilleur et durable, qui se donne pour but d’améliorer « l’habitabilité du monde » »

Alain Findeli – « Searching For Design Research Questions : Some Conceptual Clarifications »

Thaïs Dol, son parcours et la génèse du projet [00:01]

Au travers de cette échange Thaïs Dol, designer et reporter nous explique son parcours et les élements qui lui ont donner envie d’explorer une autre voie du design moins « académique » et plus « engagé » . Cette dimension social, ce retrouve dans le projet qu’elle a initié : Design Makes Sense. Une site internet qui ressence des portrait de designers, d’artistes, d’artisanats et de créatifs engagés et qui contribuent à un monde durable, empathique et humain. 

 

Est-ce que tu pourrais nous expliquer ton profil, qui tu es ? Qu’est-ce-que tu aimes bien faire ? [00:23]

 » Je m’appelle Thaïs Dol. Je suis designer-reporter. On va dire que mes grandes passions sont le design, les voyages et puis l’aspect social et environnemental. J’essaye d’allier tout ça dans ma pratique. La curiosité et l’envie de rencontrer les autres, c’est un peu ce qui me guide aussi. « 

 

Comment as-tu eu l’idée de ce projet ? Comment-est-il né ? [00:50]

« Alors, c’est une longue histoire ! J’ai toujours été passionnée par le design que j’appelle « engagé ». Un design qui a différents aspects : à la fois sociaux et environnementaux, un design qui a du sens d’où le nom du projet. En fait, au cours de mes études, j’ai fait un BTS design de produits, on ne m’a pas vraiment expliqué ce type de design mais plus un design académique et classique, appliqué au monde industriel. Du coup, j’ai cherché à découvrir par moi-même ce design. S’il y avait des gens qui vivaient en faisant du design engagé ? Comment ils en vivaient ? Quelles étaient leurs motivations ? Donc j’ai eu envie d’aller les rencontrer. J’avais déjà eu une première expérience de voyage en solitaire en 2017 qui m’avait beaucoup plu et durant lequel j’ai fait beaucoup de recherches… Ca m’a motivé à prendre un an pour faire à nouveau cette démarche, c’est à dire voyager et rencontrer des gens pour découvrir leur pratiques, leurs motivations. C’est à partir de là qu’est né mon projet. C’était à la fois vraiment personnel et puis il s’est développé avec une envie de le partager, le diffuser »

Le design engagé, une communauté inclusive et transdisciplinaire [06:08]

« Il y a beaucoup de collaborations aussi entre les uns et les autres autour d’un projet. Et ça c’est aussi très porteur, je le vois bcp avec les personnes que je rencontre notamment au Mexique : des designers travaillent en accord avec les artisans pour les aider à développer de nouveaux projets.

[…]

Je pense que c’est important de décloisonner le design. Après comme je le dis, c’est vraiment différent de la vision du design en France. En France j’ai l’impression que c’est très cloisonné et que ça ferme des opportunités pour créer plus de produits engagés, plus de plus d’opportunités… « 

« Je pense que c’est important de décloisonner le design. »

Thaïs Dol – Designer et reporter (Association Design Makes Sense)

Le design académique et le design engagé [02:22]

Qu’est ce qu’est pour toi le design académique et le design engagé ? Quelle opposition tu fais entre les deux ? 

« En soit ca pourrait se rejoindre, ca dépend aussi de la manière dont c’est enseigner mais la notion d’écologie ou les enjeux sociaux n’ont pas forcément été une priorité quand on enseigne le design. Selon les visions du design il y a plusieurs mondes qui s’affrontent un peu je pense. Dans la vision académique, c’était vraiment du design industriel marketing issu de la grande distribution. Même si on peut aussi faire des choses dans ce milieu là. Engagé pour moi, c’est tout type de démarche qui vise à améliorer ou maintenir l’habitabilité de notre monde. C’est une phrase que l’on entend beaucoup.

[…]

C’est difficile de donner une définition précise et c’est ce que je voulais aussi : que chacun puisse y mettre son propre engagement. A la fois je rencontre des designers vraiment engagés dans l’environnement qui travaillent uniquement avec des déchets, je rencontre des designers plus dans l’aspect social, la pédagogie… Comme j’avais envie de rencontrer beaucoup de monde, j’avais envie d’avoir un terrain très ouvert pour rencontrer un maximum de personnes. »

 

Citation d’Alain Findeli [03:00]

Est-ce que le design engagé est plutôt une affaire de public ou de privé ? [03:11]

« Je pense pas du tout. Je pense qu’il y a des designers qui travaillent dans le public et qui mènent de très beaux projets engagés tout comme des designers indépendants aussi. Donc je pense qu’on peut vraiment le retrouver dans les deux.

[…]

C’est ce que j’ai regretté beaucoup dans ma formation. Après je pense qu’on peut tous l’expérimenter notamment grâce au stage donc c’est une opportunité. Il y a des écoles qui sont plus ou moins avancées sur la connaissance de ce type de design. A l’étranger, j’ai aussi remarqué que le design n’était pas appréhendé pareil et notamment que des certaines écoles de design il y a avait des formations bcp plus engagées autour du développement durable. Donc je pense que ça amène à aller dans ce sens mais ça prend un peu de temps peut-être… »

 

Est-ce qu’il y a  des écoles ou des pays qui sont un peu plus dans l’avant-garde de ces démarches ? [05:14]

« Dans les pays où je suis allée : en Estonie; dans la faculté de design, là où ils ont développé un master en design interactif. C’était un master en design interactif mais c’était pas forcément appliqué au numérique c’était appliqué à tout, centré énormément sur l’usager, l’humain. Ils travaillaient  à la fois sur des projets un peu public avec les hôpitaux mais aussi sur des projets plus généraux. Au Mexique, il y a aussi des écoles notamment d’urbanisme qui peuvent aussi entrer en compte. Après, dans mes voyages je rencontre aussi des artisans, des urbanistes, des architectes donc plein d’acteurs différents qui construisent notre société. « 

 

Le design engagé, une communauté inclusive et transdisciplinaire [06:08]

« Il y a beaucoup de collaborations aussi entre les uns et les autres autour d’un projet. Et ça c’est aussi très porteur, je le vois bcp avec les personnes que je rencontre notamment au Mexique : des designers travaillent en accord avec les artisans pour les aider à développer de nouveaux projets.

[…]

Je pense que c’est important de décloisonner le design. Après comme je le dis, c’est vraiment différent de la vision du design en France. En France j’ai l’impression que c’est très cloisonné et que ça ferme des opportunités pour créer plus de produits engagés, plus de plus d’opportunités… « 

 » C’est intéressant parce que tu inclus dans le design engagé différents corps de métier qui, à priori, en fait en tant que designer on exclut de la notion de design pure et dure. Mais en même temps, c’est vrai qu’ils participent si on entend l’activité de design comme une conception de façon très littérale et minimale, aussi à la conception d’un environnement et de la société.  « 

Erika Cupit – UX Designer Social

Design Makes Sense, la vision du projet [07:58]

Pour revenir sur ton projet : Design Makes Sense, comment tu as monté ce projet ?

«  Alors concrètement de mon idée de départ jusqu’à l’action ? Et bien, il est né de plusieurs opportunités. En fait, j’avais mon idée de base : je voulais rencontrer des designers. Au début je mettais dis peut-être en France et dans les pays frontaliers et puis j’ai cherché des bourses, des subventions… J’ai aussi fait des concours : j’ai gagné un concours pour aller au Japon donc j’ai ajouté l’étape du Japon.

Ensuite, j’ai eu une bourse : la bourse Zellidja donc j’ai pu aller jusqu’en Estonie. Et puis, ensuite j’ai regardé pour choisir les pays où je voulais aller  en fonction des évènements, des associations de design qui montraient déjà l’engagement dans le pays. Il y avait notamment What Design Can do, un festival de design engagé qui avait lieu au Mexique cette année et donc j’ai choisi le Mexique et là j’ai pas trouvé de bourse donc j’ai fait un crowdfunding et ensuite j’ai rejoins une autre association qui s’appelle Yes Academia et avec eux je vais partir cet été au Sénégal et entre tous les voyages je fais des recherches en France donc voilà concrètement comment c’est né avec mon idée de base puis j’ai laissé la porte ouverte à toutes les opportunités pour aller d’un pays à l’autre et après pour construire mon projet j’ai fais beaucoup de recherches en amont à la fois sur l’histoire du design dans ce pays et après j’ai cherché des designers sur tout un tas de plateformes : sur des groupes Facebook, sur LinkedIn, sur des sites web des écoles… C’est pas évident, c’est pas forcément les designers qui sont mis le plus en avant… »

 

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur comment tu prépares tes voyages ? [10:36]

« Ne pas parler la même langue c’est quelque chose aussi ! Je parle surtout anglais et après j’ai toujours trouvé des gens pour m’accompagner quand les personnes ne parlaient pas forcément anglais pour traduire donc j’ai eu de la chance.

[…]

Déjà, j’établis un budget assez précis comme je cherche des bourses et des subventions. Il faut donc avoir une idée assez précise. C’est important de faire la recherche sur le pays, après je choisis les destinations en fonction du réseau qu’il y a en créatif.

[…]

Alors, bon le Sénégal c’est un peu particulier car c’est avec une association… Donc je prévois concrètement le coût de la vie là-bas je voyage donc toute seule et j’essaie bcp d’être logée chez l’habitant donc ça représente peu dans mon budget. Le plus gros budget et je prévois en amont, une grosse partie de mon budget c’est le déplacement sur place, parce que ca permet de ne pas se priver de l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes. si on rencontre quelqu’un et finalement il n’est pas là où on l’a prévu… Donc c’est important pour moi d’avoir un assez gros budget là-dessus. Après, pour les projets sur place c’est pareil, je prévois une enveloppe. En fait, je me suis toujours débrouillée, je voyage de manière assez économique. C’est important pour moi, j’essaie d’économiser au maximum pour laisser la porte ouverte à toutes les opportunités. » 

 

Qu’est ce que tu veux dire par réseau créatif ? [11:32]

 » Si il y a bcp d’évènements, de festivals. Parce que je rencontre bcp les gens sur place en fait, ça fonctionne bcp comme ça avec une personne qui va me conseiller une personne notamment au Mexique j’avais que deux contacts et finalement à la fin j’ai rencontré une vingtaine de personnes… Ca marche bcp par le bouche à oreille donc je me prépare assez bien sur le plan pratique mais après dans mes recherches ca se fait bcp sur place »

 

Design et voyage inspirant à travers le monde [13:00]

Quels types de projets tu mènes à l’international ou dans les différents pays où tu vas ?

 » Alors, il y a déjà mon projet d’interviews où je rencontre des gens. Après je mets toutes mes interviews sur mon site web. Ensuite, je fais un magazine par pays, un peu à la fois avec un aspect culturel et l’aspect design très en avant. Et puis là au Sénégal, je vais rester en immersion dans un village donc je vais avoir le temps de mettre en place un projet plus ambitieux donc là je vais faire du design participatif : donc du co-design avec les habitants et réfléchir avec eux, donc là je n’ai pas d’idée de quelle forme que va prendre le projet mais autour de l’espace commun, l’espace public et de réfléchir donc là avec un budget minime aussi avec bcp de récup… Il y a plusieurs pistes mais autour du mobilier pour enfants, de l’espace de jeu/air de jeu, banc public aussi ou signalétique. Donc on va voir où ca va mener. « 

 

Et tu serais seule à mener ce projet au Sénégal ? [37:00]

 » Alors, au Sénégal je pars avec d’autres jeunes de l’association Yes Academia et chacun va mener son propre projet. Moi je suis dans le design donc je fais un projets de design, il ya d’autres jeunes qui ont réalisé de la sensibilisation autour des droits des femmes, d’autres qui vont faire des Olympiades (coupure)… donc chacun mène son projet indépendamment mais on peut demander de l’aide : si je dois faire un chantier pour mon projet je peux demander de l’aide à d’autres jeunes. « 

 

Est-ce que tu voudrais nous parler d’un projet ou d’un pays dans lequel tu as pu aller ? Est-ce que tu veux nous raconter de A à Z comment ca s’est passé ? Qui a tu rencontré ? Comment tu arrives à envisager tout ça, tous tes frais et également faire des projets potentiellement là-bas ? [14:45]

« Le Mexique c’est vrai que c’est une grande expérience. et puis, je c’est le pays que j’ai fait récemment donc j’ai toutes les images en tête. Donc je pense que je vais parler de ce pays. Donc en amont, c’est vrai que j’étais un peu inquiète avec le stéréotypes que l’on a sur l’Amérique Latine, l’aspect partir seule, être une femme donc j’avais pas mal d’appréhension mais en fait je suis arrivée le premier jour j’avais loué une chambre Airbnb chez l’habitant et je pense que j’ai très bien fait de faire comme ça parce que tout de suite j’étais dans l’immersion et avec des gens très bienveillants. Ils m’ont aidé notamment le premier jour à acheter une carte de transport, ils m’ont emmené jusqu’à la station de métro… Donc, ça c’est important de s’entourer ca aide bcp. C’est vrai que c’est un coup de chance de tomber sur les bonnes personnes mais ca ca a été vraiment un bon élément pour déclencher mon voyage, l’enthousiasme. Après j’avais deux rdv : je suis arrivée le jeudi, le vendredi et le samedi j’avais un rdv donc mes seuls rdv du voyage et ca s’est très bien passé.

[…]

C’était un rendez-vous avec une designer qui travaille autour du design participatif et qui a beaucoup travaillé en Chine notamment autour d’ateliers avec les enfants. C’était très chouette. Ensuite j’ai rencontré la fondatrice du collectif de design Agenda 28. Donc, là c’est un studio de design international, les projets sont ambitieux notamment avec des projets en Inde, au Mexique notamment avec la question de l’eau.. »

 

Est-ce qu’on pourrait qualifier ce design d’humanitaire ? [16:50]

 » On pourrait… Après , ils ont d’autres aspects mais ca c’est un projet coup de coeur, un projet qu’ils mettent bien en avant. Donc j’ai eu la chance d’arriver, de rencontrer des designers tout de suite vraiment très très inspirantes, motivées, dynamiques. »

 

Comment se passent les échanges ? Est-ce que tu as été surprise ? [17:23]

« Alors, oui c’est vrai que lorsque je suis arrivée j’étais vraiment impressionnée parce que on me demande tout de suite ne serait-ce que pour rentrer dans un bâtiment ton passeport, tu dois être invitée. C’est le protocole de sécurité dans ces structures donc ça peut paraître impressionnant. Et puis après, je préfère mener des entretiens en français qu’en anglais parce que je suis moins à l’aise mais ca se passe toujours très bien. j’ai tjrs été surprise par la bienveillance perpétuelle de toutes les personnes que je rencontre et j’ai très peu de refus en fait de designers que je contacte donc ca motive tout de suite à continuer.

[…]

Alors souvent ils sont flattés on va dire. Je pense aussi le fait que je sois étrangère, que quelqu’un s’intéresse à eux, tout de suite les gens sont supers contents et puis on échange très peu par mail, on fixe tout de suite un rdv et puis je vais les rencontrer. C’est très rapide.

[…]

« Je pense que les gens sont assez sensibles à ça et puis souvent je leur dis que je ne veux pas que ça soit un échange très formel mais vraiment que ça soit une discussion à chaque fois quand on parle, donc je prévois quand même des questions. Et puis je pense que j’ai cette chance de ne pas être journaliste mais designer et donc cette double casquette qui permet de créer une certaine proximité, d’avoir le même jargon, les mêmes termes de partager facilement  des expériences. »

 

D’un pays à un autre l’histoire du design n’était pas la même. Est-ce que tu as pu t’appuyer sur des références communes ? Par exemple, si on parle de prototypage au Mexique, est-ce qu’ils en ont la même vision qu’en France ?

 » Oui quand même, je pense qu’on a les mêmes protocoles. Après, j’aime bcp quand je vais dans un pays visiter les écoles de design. Au Mexique, j’en ai visité deux et notamment quand je peux assister au cours j’aime bcp ça parce que je trouve que ça révèle pas mal le design qui se pratique. La maquette c’est très important, ça je pourrais le dire vraiment. Ils mettent un point d’honneur. Il y a aussi ce lien entre l’artisanat, la pratique manuelle qui est bcp plus importante que le dessin donc il y a vraiment d’autres façons d’enseigner, alors qu’en Estonie, après ça dépend des masters et des formations mais c’était plus dans le brainstorming. Ils n’avaient pas les mêmes types d’approches.

[…]

Je suis actuellement en train de réfléchir à des projets et je vois l’influence du Mexique sur des projets, des prototypes… »

 

Combien de temps ton voyage a duré ? [21:12]

 » Alors, en moyenne le minimum pour moi c’est un mois. Donc, au Japon je suis restée un mois, l’Estonie un mois et demi et le Mexique un mois. Mais j’étais à chaque fois frustrée de rentrer quand même parce que plus le temps avance, plus on se fait de nouveaux contacts et plus on a envie de continuer à rencontrer du monde. Pour les écoles : au Japon, je n’ai pas visité d’écoles mais en Estonie je suis allée dans l’école d’art de Cuesare et l’EKA qui est l’Ecole nationale d’art de la capitale Talinn avec le master design interactif et ensuite au Mexique, c’était l’école LUNAM. C’est une très grande université où il y a de la biologie, des maths, en fait tt est mélangé et c’est aussi l’école nationale de Mexico et l’école de l’Habitat dans laquelle il y a le design : donc on voit déjà que c’est pas la même façon d’appréhender les choses.

 

Conclusion

Comment tu te situes en tant que designer en même temps reporter qui participe à une sorte de recherche sur la pratique ? [21:54]

 » C’est vrai que c’est un peu hybride et je construis un peu mon propre métier… mais pas tant que ça parce que l’investigation quand on fait du design c’est très important, le design de terrain ca me plait bcp, donc je pense que ca serait lié à ca. C’est pour ca que je pense que c’est très lié en fait, donc toutes les recherches que je fais sont axées sur le design mais j’apprends aussi beaucoup sur tout un autre plan quand je voyage et après ça nourrit énormément mes projets de design. Donc, oui je pense que ca se fait vraiment échos. « 

Selon Thaïs Dol, le design engagé ne ce limite pas à un corps de métier : le designer, mais recouvre l’ensemble des métiers créatifs.  Ainsi, le design engagé est une démarche transversale qui prends source à la fois dans le secteur public, privé et associatif. Ce terme accompagne l’émergence de nouvelles formes de design comme le design de politiques publiques, design ecosocial, design participatif.  Ainsi, le fait de concevoir de nouvelles institutions, modes d’interactions entre les publics, et de repenser les manières de faire participe à l’émergence d’un design engagé et social qui s’intègrent de plus en plus au sein des formations de design.

 

Des projets que tu souhaites mener là actuellement en France ? 

 » Oui, c’est ça, en parallèle.  Je continue de réfléchir, je dessine beaucoup quand je suis en voyage. J’essaie quand je voyage de ne pas perdre et en fait, ca vient naturellement, je réfléchit à des projets tout le temps. »

Ce projet singulier nourrit de voyages et de rencontres d’autres designers à travers le monde ont permis à la designer et reporter Thaïs Dol développer une pratique personnelle et communautaire du design. Enfin, d’un projet individuel Thaïs Dol a su en faire un projet collectif en créer l’association Design Makes Sense qui propose également une maison d’édition et des évènements pour valoriser le design engagé sous toutes ses formes. 

« Les designers pensent le monde de façon finalisée : pour elles et pour eux, le monde est un projet à réaliser et pas seulement un objet à décrire et à comprendre. Leur terrain d’exercice est la situation de projet, où il convient toujours de distinguer un volet conception et un volet réception. Ils et elles engagent par conséquent leurs ou des valeurs dans leur démarche, valeurs qu’il convient d’expliciter et de justifier (axiologie), dans l’objectif d’améliorer ce que nous appelons « l’habitabilité » du monde des bénéficiaires, des usagers des services, sur tous les registres de ce monde: matériel, psychosocial, culturel/spirituel. »

Alain Findeli – Le Design social

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