La Smart City à Nîmes : la ville intelligente et citoyenne (podcast)

Smart City à Nîmes : la ville intelligente et citoyenne - Design et Collectivité
Podcast « La Smart City à Nîmes : la ville intelligente et citoyenne » avec Sylvaine Lobry

Dans ce nouveau podcast, vous découvrirez le travail de Sylvaine Lobry, chargée de missions Smart City / ville intelligente pour la ville de Nîmes. Elle accompagne les collectivités dans la définition de leur stratégie territoriale.


Plan du podcast

Qu’est-ce que la Smart City ? [0:20]

Les outils et méthodes pour penser un territoire intelligent [10:00]

Co-construire une ville intelligente et citoyenne à Nîmes [18:20]

La place du design social dans les stratégies territoriales [25:15]

Les difficultés d’être chargée de mission Smart City [37:00]

Les enjeux et défis de la ville intelligente [40:05]

« L’objectif ultime de la Smart City c’est d’améliorer le cadre et la qualité de vie des habitants. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

Qu’est-ce que la Smart City ?

Du numérique à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens

Pour Sylvaine Lobry, une ville intelligente n’est pas uniquement une ville connectée. C’est avant tout une ville à l’écoute des besoins de ses habitants. La notion de Smart City permet de traiter une grande diversité de domaines comme la mobilité, l’économie, le social, l’environnement et la gouvernance… Pour la mettre en oeuvre, elle requiert une organisation en « mode projet » au sein d’une collectivité.

« Une ville intelligente : c’est une ville qui est capable de répondre aux problèmes publics en mobilisant des outils numériques en créant des partenariats avec les parties prenantes du territoire (les acteurs institutionnels, les acteurs socio-économiques et les habitants…). L’objectif ultime de la Smart City, c’est d’améliorer la qualité et le cadre de vie des habitants. C’est répondre aux attentes et aux besoins des habitants. […]

La réflexion sur la Smart City date des années 2000. Ce concept a émergé il y a plus de 20 ans par des grandes entreprises comme IBM et Cisco. La question a d’abord été traitée à travers les objets connectés et du numérique. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de villes moyennes et de territoires ruraux qui s’intéressent à « comment devenir une ville intelligente ? », mais avec une dimension citoyenne en plus par rapport aux pionniers. Aujourd’hui, on parle de ville intelligente et citoyenne. »

Sylvaine Lobry

Exemple de mission autour du concept de territoire intelligent en milieu rural dans un bureau d'études [à partir de 04:17]

Devenir chargée de mission Smart City / ville intelligente à Nîmes

De nouveaux métiers se développent au sein des institutions pour répondre à de nouveaux enjeux (ex : chargée de mission Open Data ou Smart City). Ces thématiques récentes au sein des collectivités transforment également les pratiques et l’organisation de l’intérieur.

« J’ai une formation en sciences politiques et en urbanisme. J’ai toujours eu une appétence pour les questions d’aménagement, de développement du territoire et la gouvernance. Comment on définit, on produit et on met en place une politique ? […]

J’ai travaillé pendant 5 ans dans une agence d’urbanisme et 2 ans dans un bureau d’études sur le développement économique et territorial. À la mairie de Nîmes, il cherchait un(e) chargé(e) de mission ville intelligente. J’ai postulé parce que ça m’intéressait de travailler pour une collectivité de l’intérieur et plus en tant que prestataire. J’avais envie de retrouver ce que j’avais connu au début de ma vie professionnelle. C’est-à-dire travailler pour un territoire délimité. Pour mettre en place une politique publique adaptée, il faut absolument connaître son territoire : ses acteurs, son histoire et ses logiques. C’est plus compliqué quand on exerce dans un bureau d’études, car on travaille avec des acteurs différents et des territoires différents. […]

La ville intelligente permet d’aborder des problématiques très variées : la formation, l’attractivité, le tourisme, l’adaptation du territoire, la santé, la préservation des ressources, la mobilité ou le logement… En général, il n’y a pas un service dédié à la Smart City dans les collectivités, mais un pilote qui est le chargé de mission. Certaines personnes dans les différentes directions vont être le contact privilégié de ce pilote sur ces questions-là. […]

Il faut quelqu’un capable d’être curieux et de balayer plusieurs thématiques, mais sans être expert de celles-ci. C’est être capable de faire le relais, de créer du sens et d’avoir une vue globale. C’est créer de la cohérence et faire en sorte que les directions se parlent entre elles. Traditionnellement, les collectivités ont l’habitude de travailler en silo. Aujourd’hui, on travaille en « mode projet » dans les collectivités. Un projet va nécessairement toucher différentes thématiques. On va devoir faire appel à des métiers différents et créer une équipe. La Smart City c’est un projet global transversal qui doit transformer ses silos. »

Sylvaine Lobry

Le mode projet dans les collectivités [à partir de 9 min]
"Le mode projet a émergé au début des années 2000. Dès les années 90, il y avait des collectivités qui travaillaient en "mode projet". C'est une nouvelle façon de faire qui vient du privée, parce que dans les collectivités aussi il y a une logique de performance et d'efficacité. Du coup, "le mode de projet" est une façon de faire optimal pour atteindre les objectifs que l'on s'est fixé." Sylvaine Lobry

« Je pense que quelle soit sa discipline ou son domaine de compétences, la curiosité envers le territoire est essentielle. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

Les outils et méthodes pour penser un territoire intelligent

[10:00]

La curiosité une qualité essentielle pour connaître un nouveau territoire

Selon Sylvaine Lobry, la compréhension du territoire dans lequel on intervient est une part essentielle du travail des agents d’une institution et de leurs prestataires (bureau d’études, agence d’urbanisme…). Cette curiosité permet de mieux cerner les besoins des citoyens et les spécificités du territoire (géographie, histoire et politique…). Voici quelques conseils pour y parvenir :

« Quand j’arrive dans un nouveau territoire que ce soit pour le travail ou pour le plaisir, je me renseigne sur son histoire. Quand je suis arrivée à Nîmes, j’ai acheté des livres sur son histoire et des guides touristiques. Je considère que l’on appréhende d’autant mieux un territoire si on connaît son histoire. Il y a une tradition en sciences politiques qui nous pousse à connaître l’histoire d’un territoire à la fois comment il s’est développé, mais aussi les jeux d’acteurs. […]

Et après, j’essaye de trouver des études et des rapports d’urbanisme pour avoir une vision de l’évolution de ce territoire dans des domaines spécifiques. Je pense que quelle  soit sa discipline ou son domaine de compétences la curiosité envers le territoire est essentielle. C’est un état d’esprit ce n’est pas disciplinaire. […]

À partir du moment où ton rôle c’est de travailler sur les politiques publiques à mettre en place en faveur des habitants, que tu sois agent ou prestataire d’une collectivité, tu as un devoir moral de proposer des actions ou des politiques publiques qui vont être le plus adaptées aux besoins de ton territoire. Comprendre comment un territoire fonctionne, comment il est vécu et par qui fait partie intégrante de ton travail. […]

Je pense que c’est important, sinon tu as tendance à proposer des solutions clés en main que tu vas adapter à chaque territoire. Alors que Nîmes n’a pas forcément les mêmes besoins que Rennes, parce que ce n’est pas la même position géographique, ni la même histoire et ni les mêmes réflexions. Après ça n’empêche pas de voir ce que les autres font ailleurs et de s’en inspirer. Une composante essentielle du travail des bureaux d’études, des agences d’urbanisme et des agents des collectivités, c’est de faire un Benchmark pour aller voir ce qui se fait sur d’autres territoires. Il faut toujours avoir conscience des spécificités de son territoire et de celles sur lequel ces politiques ont été mises en place pour essayer de voir comment les adapter et pas les transférer telles quelles. D’où l’importance de bien connaître son territoire, ses acteurs et son histoire. »

Sylvaine Lobry

La nécessité d’avoir un temps de réflexion et d’appropriation des concepts

Sylvaine Lobry revient sur les différences entre travailler au sein d’une institution et être prestataire de celle-ci. D’après son expérience, la principale difficulté d’être prestataire d’une collectivité est la temporalité courte des projets qui ne permet pas toujours de laisser un temps de réflexion et de documentation suffisant sur des questions complexes.

« Le plaisir de faire des recherches, de lire et d’avoir le temps de réfléchir, je l’avais perdu en étant dans un bureau d’études, contrairement au travail dans une agence d’urbanisme. […]

La différence principale entre travailler dans un bureau d’études et dans une collectivité, c’est que dans une collectivité on a le temps de réfléchir et de s’approprier les problématiques pour servir au mieux son territoire. J’ai redécouvert ce plaisir en travaillant à la mairie. […]

C’est essentiel, car quand tu travailles sur un concept aussi foisonnant que la Smart City, tu es obligé d’avoir un temps de réflexion avec toi-même et d’appropriation du concept pour pouvoir le définir sur ton territoire. Qu’est-ce que pourrait être la Smart City à Nîmes ? »

Sylvaine Lobry

« C’est casser ces logiques de silos, parce que dans Smart City, il y a Smart Gouvernance. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

Co-construire une ville intelligente et citoyenne à Nîmes [18:20]

La Smart Gouvernance, une approche transversale

La Smart City c’est également repenser le fonctionnement d’une institution publique. Cela se traduit notamment par une approche transversale et collaborative. Sylvaine Lobry revient sur l’intérêt de ne pas être experte d’un sujet en particulier (voirie, mobilité, éclairage sécurité, etc.) pour limiter les biais disciplinaires et apporter un regard nouveau et englobant.

« À Nîmes, ils ont fait appel à une chargée de mission ville intelligente, parce que de nombreux outils se sont développés dans les différentes directions sans vision globale. Par exemple, il y a un système de vidéo-protection, un système d’éclairage qui s’adapte aux passants en fonction de la luminosité extérieure. Comment on passe de ces petites bribes à la construction d’une stratégie globale ? […]

Maintenant, nous allons construire une vision globale en nous appuyant sur ce qui a déjà été fait en essayant d’avoir une vision du futur territoire. Aujourd’hui, il y a des outils qui sont utilisés par un service, peut-être qu’on pourrait les utiliser dans un autre service pour mettre en place une autre politique publique. C’est travailler avec l’ensemble des services de la ville à l’utilisation optimale des outils qu’on a déjà sur le territoire et à essayer de faire en sorte que les différentes directions travaillent entre-elles. C’est casser ces logiques de silos, parce que dans Smart City, il y a Smart Gouvernance. […]

Le chargé de mission Smart City ne fera pas la Smart City tout seul. Il a besoin de s’appuyer sur les services, parce qu’ils ont l’expertise métier. C’est être transversal en interne avec les différents services et dans les thématiques traitées. Par exemple, si j’étais une experte sur le logement, je passerais peut-être à côté de choses. […]

Même si tu as un interlocuteur spécifique, ton interlocuteur spécifique agit de concert avec ses collègues. En collectivité, je considère que tu travailles pour le bien commun et l’intérêt général, donc tu penses collectif.« 

Sylvaine Lobry

L’empathie : aller vers le citoyen et être à l’écoute de ses besoins

Pendant longtemps, le contact entre les institutions publiques et le citoyen répondait à une obligation légale, notamment sur les quartiers prioritaires. Maintenant, cette pratique se développe et la parole du citoyen est perçue comme un moyen d’apporter de l’innovation bottom-up.

« Dans les collectivités, on redécouvre l’importance d’aller vers le citoyen et de connaître ses attentes. Avant, la consultation et la concertation des habitants était une obligation légale, par exemple sur les quartiers politiques de la ville. Il n’y avait pas forcément d’objectif et souvent des a priori. Globalement les habitants étaient assez sceptiques sur les concertations. […]

Je trouve qu’aujourd’hui, les collectivités redécouvrent l’intérêt de l’usager : « de celui qui vit et qui fait la ville ». Quand on travaille pour une collectivité, on ne se rend pas forcément compte, car on est habitué à nos modes de pensée. Des choses qui nous paraissent logiques, car on maîtrise l’organisation, ne sont pas évidente pour l’usager. C’est important de se mettre à sa place et d’avoir une certaine empathie. »

Sylvaine Lobry

« Le design social sert la collectivité à la fois en interne et en externe. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

La place du design social dans les stratégies territoriales [25:15]

Le lien entre le Design social et la Smart City

Le design social (ou l’innovation sociale par le design) est une activité de conception d’organisation, de produits et de services pour le secteur public ou privé. Par exemple, un designer social va intervenir pour repenser le fonctionnement d’une institution et produire des services qui soient en accord avec les besoins de ses citoyens. Il s’agit de concevoir avec les usagers une société plus désirable. Ainsi, le champ d’intervention du design social s’étend à l’environnement, à la santé, à l’action publique, à la culture, à l’industrie, à l’éducation, à l’humanitaire, au numérique…

« Je pense que le design social à une place importante pour les collectivités. Le design social sert la collectivité à la fois en interne et en externe. En externe, il permet de faire le pont avec le citoyen et de se mettre à sa place grâce aux méthodes d’animation qui forcent à l’empathie. Ça sert en interne à la collectivité pour réfléchir sur ses modes de faire et innover. Il y a une injonction à l’innovation dans les collectivités, aussi parce qu’il y a une réduction des finances publiques. Le design social est un bon moyen de favoriser l’innovation en interne, de favoriser l’émulation en forçant les différents services à travailler de façon transversale. Le design social peut aussi permettre d’accompagner au changement les agents dans des nouveaux modes de fonctionnement. »

Sylvaine Lobry

La complémentarité du design et de la stratégie de développement d’un territoire

« Mon rôle, c’est de travailler sur la définition d’une stratégie de développement territoriale autour de la Smart City. Par le passé, j’avais développé une stratégie territoriale autour de l’agriculture, de l’économie ou d’un quartier politique de la ville… J’accompagne la collectivité à définir ses ambitions et ses objectifs de développement. Puis, on définit les actions à moyen et à long terme, ainsi que les acteurs avec qui les mener. […]

Les métiers de designer et de chargé de mission développement territoriale se complètent. Finalement, le design est assez méconnu dans les collectivités, ce qui réduit l’appétence des collectivités à faire un marché long avec un véritable accompagnement. Il y a de plus en plus de métiers nouveaux dans les collectivités et peut-être qu’un jour le designer social y aura toute sa place. Ce qui est important dans le métier du designer, c’est d’arriver avec un regard extérieur pour faire évoluer les modes de faire et accompagner au changement. Il est parfois plus simple d’arriver en tant que prestataire pour mettre le pied dans « la fourmilière », parce qu’il a été embauché pour ça. En tant qu’agent, tu n’as pas la même posture, ni la même marge de manœuvre. Tu ne peux pas agir de la même façon, en interne tu dois être plus diplomate. « 

Sylvaine Lobry

« La difficulté et l’avantage principal du poste que j’occupe sont que je ne suis rattachée à aucun service. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

Les difficultés d’être chargée de mission Smart City [37:00]

Après avoir été longtemps prestataire pour des collectivités publiques, Sylvaine Lobry nous partage les difficultés qu’elle a pu rencontrer en devenant agent d’une collectivité et comment elle a pu les surmonter.

La temporalité et les temps de validation

« Ma première difficulté a été la question du temps. Comme j’avais un passé de prestataire, je n’en avais pas pleinement conscience, même si j’avais pu le lire, l’étudier et le vivre de l’extérieur. Au lieu d’être toujours dans l’urgence et dans l’action comme dans un bureau d’études, ton projet va être discuté dans des instances qui le valideront ou non, mais entre-temps tu avances tes pions progressivement et continues d’avancer. […]

Dans les collectivités, les temps sont rallongés (ex : temps de validation), car il faut faire attention à comment on dépense l’argent public surtout quand il se raréfie. Il faut passer différentes strates de validation jusqu’à ce que ça arrive au Directeur Général des Services ou au Maire. Parfois, il y a des temps qui pourraient se raccourcir, mais il y a des choses qui ne sont pas incompressibles. »

Sylvaine Lobry

La place du chargé de mission ville intelligente dans l’organigramme

« La difficulté et l’avantage principal du poste que j’occupe sont que je ne suis rattachée à aucun service. Je suis dans une Direction Générale qui est divisée en différents services, mais je suis un électron libre dans les différents services de cette direction et les autres. C’est justement mon rôle d’avoir ce côté transverse, mais quand je dois expliquer « qui je suis » et « ce que je fais » c’est compliqué… Dans une collectivité, on est toujours identifié par rapport à son service et à sa direction. Cette logique de silo est inscrite dans ton ADN d’agent. Du coup, je ne rentre dans aucune case, ce qui est à la fois un avantage, mais quand tu dois te présenter c’est un peu bizarre. »

Sylvaine Lobry

« C’est bien de voir que les collectivités innovent, évoluent, créent de nouveaux métiers en fonction des besoins du territoire. Capter les besoins du territoire et de ses usagers, ça permet de faire évoluer les organisations en interne. »

Sylvaine Lobry – chargée de mission Smart City

Les enjeux et défis de la ville intelligente [40:05]

Pour conclure, Sylvaine Lobry nous livre ses réflexions sur la ville intelligente et ses souhaits pour le futur de Nîmes.

La ville durable, l’adaptation de la ville aux enjeux environnementaux

« Ce qui me paraît important dans la Smart City, ce sont les questions environnementales. Aujourd’hui, on ne peut pas parler de ville intelligente sans parler de ville durable. C’est devenu un enjeu majeur de développement de nos sociétés. Si l’on regarde un peu les dernières études nationales auprès des habitants : « Quelle serait votre ville idéale ? ». On voit que la place de la nature est très importante. À Nîmes, on a la chance d’être la 5ème ville de France en termes de superficie d’espaces verts par habitant. Le territoire de Nîmes est très étendu et tout le nord c’est la garrigue, donc on a ce chiffre alors que les espaces publics dans la ville sont assez minéraux. Dans une ville, où il fait chaud l’été ça pose des questions sur l’adaptation de la ville au réchauffement climatique. Ce qui va avec cette question, c’est les questions de mobilité et de déplacement, je trouve qu’à Nîmes la voiture à une place très importante. Il faut travailler sur le développement des mobilités alternatives. »

Sylvaine Lobry

La solidarité territoriale entre communes 

« Les collectivités doivent faire face à un certain nombre de difficultés et à des problèmes de légitimité : de la part de l’administration centrale avec un Etat qui en demande de plus en plus avec de moins de ressources financières; et de l’autre côté des habitants qui ne voient pas bien l’intérêt de telle politique et ne font pas forcément la différence entre la commune, l’intercommunalité, la communauté d’agglomération… Les collectivités doivent agir pour le bien de leurs habitants et en même temps montrer à l’État qu’elles respectent ses directives. Les collectivités sont en train de s’adapter en réfléchissant à de nouveaux modes d’organisation et de nouveaux métiers pour s’approprier de nouvelles thématiques. […]

Il y a une question qui émerge de tout ça c’est la question de la solidarité territoriale. C’est la solidarité entre les communes d’une même intercommunalité. Ça pose la question de l’inclusion et de la solidarité à la fois sur des questions sociales, mais aussi tout ce qui touche à la mutualisation des compétences. Par exemple, ça permet à une petite commune de bénéficier de l’expertise d’un agent de la commune centre parce qu’il est mutualisé entre les deux. […]

Les collectivités sont amenées aujourd’hui à innover et se transformer à la fois dans les politiques publiques qu’elles vont imaginer, concevoir et mettre en oeuvre et dans leurs organisations . Cette image des collectivités territoriales un peu sclérosées est en train de changer. Les collectivités aujourd’hui sont sûrement les plus  à mêmes de réfléchir au bien de leur territoire. Les collectivités ont tendance à monter en compétence, avant c’était réservé aux grandes agglomérations ou aux métropoles. Les villes moyennes se mettent en ordre d’actions. Ce n’est plus réservé aux grandes villes. C’est bien de voir que les collectivités innovent, évoluent, créent de nouveaux métiers en fonction des besoins du territoire. Capter les besoins du territoire et de ses usagers, ça permet de faire évoluer les organisations en interne. »

Sylvaine Lobry


écrit par Erika Cupit – Designer de service public

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